Star Trails : première course nocturne de l’hiver.

Puisque je vous parlais de spontanéité et de réelle envie d’écrire dans mon dernier article, me voici poussé par l’entrain du trail nocturne que je viens d’aller courir en Belgique. Je suis donc venu vous raconter ma course en vous la faisant vivre au plus prêt de moi.

Tout est encore frais dans ma tête, c’était il y a 3 jours.

Pourtant, je suis peu attiré par les courses. Quand des amis les enchainent tous les weekend, moi je préfère me contenter d’un bon run en bas de chez moi le dimanche matin. Non pas que je refuse de m’aligner sur une ligne de départ mais je n’y vois pas grand intérêt compte tenus de ce que cela implique : organisation de la logistique, cout de transport, cout d’inscription, weekend monopolisé, etc…

N’ayant pas vraiment l’esprit de compétition (même si, comme l’ego, tout le monde en a sens plus ou moins développé) le seul intérêt réel d’une course pour moi est donc de découvrir d’autres chemins sur lesquels je peux m’embarquer sans réfléchir. Cela me permet ainsi de me mettre dans ma bulle et de vivre pleinement mon run.

Ainsi si les principales contraintes que je viens de citer sont minimes (ex : dossard gratuit, proche de mon domicile, etc), il m’arrive donc de m’inscrire à une compétition.

Ce fut le cas ce vendredi 10 février pour le célèbre Star Trails nocturne au sud de la Belgique à quelques kilomètres de chez moi.

Star Trails à Rulles Belgique

Star Trails à Rulles Belgique

 

1. Night Trail : quel objectif ?

J’ai toujours mon petit niveau constant que j’entretiens au fur et à mesure de mes run chaque semaine. Je les parsème de quelques sorties à vélo ou de renforcements musculaires pour assurer un bon équilibre dans ma vie “active”.

affiche star trails Belgique Cette année 2017 j’aimerai m’attaquer au Trail des Roches, il s’agit d’une belle sortie de 55km dans les Vosges courant du mois d’Avril. Un vrai trail de montagne comme j’en ai jamais fait. Je m’étais contenté jusqu’à présent d’un run de 35km dans les Ecrins en 2016.

Pour autant, à 12 semaines de ce grand départ, je n’ai pas vraiment prévu de plans d’entrainement comme le voudraient de nombreux spécialistes. J’adapterai juste un peu mes sorties privilégiant le dénivelé pour mes sorties cardio.

Le Star Trails en Belgique est donc un bon exercice pour me lancer à grande vitesse sur les chemins.

Ce n’est donc pas un objectif mais plutôt un moyen plaisant d’arriver à de plus longues distances sur des trails sans pour autant terminer à des allures de randonneurs ou avec la langue qui touche le sol.

J’ai pour objectif de terminer facilement (sans souffrir) toutes les courses auxquelles je m’inscris. Je n’ai aucune envie de me “dépasser” ou de connaître mes limites voir même de les repousser. J’ai simplement envie de courir de façon la plus naturelle qu’il soit. La fluidité et la régularité de mon run seront mes principaux objectifs.

Le résultat final sera un simple indicateur de ma forme actuelle.

 

2. L’histoire de ma course.

2.1 Échauffement.

Voilà que je m’aligne sur cette ligne de départ en plein milieu d’un petit village de Belgique ou coule la Rulles. Rivière que j’ai déjà eu l’occasion de pêcher mais aussi le nom d’une célèbre bière que j’ai également eu l’occasion d’apprécier.

Un trail ou l'effigie est une bière

Un trail ou l’effigie est une bière

Je commence par m’échauffer une vingtaine de minute avec Pascal (voisin et membre du CAPHG, association de coureurs dont je fais partie dans mon village). Puis je rencontre l’un de mes anciens collègues Arnaud Goffinet qui s’échauffe aussi avec l’un des membres de son team Mizuno Sportex.

Pour remettre les choses dans leur contexte : je travail dans un magasin de sport et Arnaud Goffinet est un Triathlète de bon niveau que j’ai eu la chance de recruter il y a quelques mois dans le cadre de mon travail. C’étais un bon élément avec une bonne personnalité bref un chic type. Après quelques mois d’intégration, il a préféré partir chez la concurrence qui lui proposais mieux et plus prêt de chez lui. En terme de sport, il n’a couru qu’une seule course avec nos couleurs malgré mes ambitions pour le futur.

Même si j’ai pris les choses avec philosophie, certains collègues ont gardé un peu d’amertume avec cette histoire.

Je retrouve Arnaud sur la ligne de départ ou il me demande mes “objectifs” de la saison. Comme toujours je répond que je n’en n’ai pas vraiment, que je me suis simplement inscris à un trail de montagne au printemps.

 

2.2 Départ du Trail.

A 20h10, les 350 coureurs entament leurs 22km équipés de leurs frontales pour faire face à la nuit.

La tête de course part trop vite pour moi comme d’habitude. La longue montée qui nous amène dans les bois devrait nous faire courir bien plus calmement.

Je ne me laisse entrainer et préfère garder mon rythme bien qu’encore un peu trop élevé. Je vois la bonne vingtaine de coureur allonger le pas devant moi.

Je regarde ma montre par curiosité qui m’annonce les premiers kilomètres sur une moyenne de 4,15min (14,11 km/h) !! C’est bien ce que je me disais, ça par beaucoup trop vite en montée pour moi.

Deux raisons : soit les 25 premiers coureurs de cette course sont beaucoup plus forts que moi, soit ils grillent déjà leurs cartouches (l’acide lactique générée sur les premiers km est irrémédiable) ce qui devraient les handicaper par la suite comme on le voit souvent.

Ou alors j’ai devant moi les deux types de coureurs ce que je vais pouvoir vérifier durant les prochains kilomètres de ce run.

Après les 4 premiers kilomètres de montée, je commence à ramasser les premiers coureurs. Mon corps récupère vite d’autant plus que je n’ai pas “tapé dedans”. Je remonte les coureurs un par un comme je l’ai toujours fait sur les courses.

Je me planque derrière l’un, je récupère un peu d’énergie et j’accélère le pas jusqu’au suivant et ainsi de suite. Je remonte ainsi les courses à la manière d’un escalier tout en restant très régulier dans mon effort c’est d’ailleurs ce qui me fait dire que beaucoup de runners partent trop vite (je double en restant à la même allure qu’au départ voir en ralentissant).

De plus, pour la gestion de mon mental, je préfère jouer cette stratégie que partir trop vite et me faire doubler 😉

Je traverse le premier marrai les deux pieds dans la flotte ce qui me rend les jambes très lourdes. Après quelques pas, j’aperçois encore des coureurs devant moi dont un avec un t-shirt Mizzuno (le même qu’Arnaud mon ex-collègue).

Dans le marrai en mode animal

Dans le marrai en mode animal

 

2.3 Quand l’esprit de compétition te fait défaut.

Après 2km, je me retrouve (naturellement) à son niveau. Comme beaucoup d’autres coureurs, ils accélèrent un peu lorsqu’ils voient ma frontale se rapprocher. Cela me fait toujours penser aux automobilistes que je double sur l’autoroute avec le régulateur !! Beaucoup d’entre eux ne peuvent pas s’empêcher d’accélérer lorsqu’ils se font doubler. Arf, cet esprit de compétition qui nous fait défaut même dans la vie de tous les jours 😉

Tempi, je ne suis pas pressé moi et j’ai toujours gardé mon allure alors j’attends et me repose 2min derrière le coureur “Sportex Mizuno” comme toujours et au moment ou il fatigue de son changement de rythme, c’est le moment pour moi d’allonger quelques foulées pour aller chercher le coureur suivant. Je me dis alors que mon ex-collègue Arnaud ne devrait plus être lois devant. Ce serait alors marrant de me retrouver à son niveau.

Arnaud en mode furtif

Arnaud en mode furtif

Je rattrape des triathlètes Belges avec leur maillot orange noir et tous leurs sponsors mais pas de deuxième membre du team Sportex.

Après une petite dizaine de km, je trouve ma place ne rattrapant plus vraiment d’autres coureurs. Celui que je distingue au loin semble aller à la même vitesse que moi. A certains endroits, je crois distinguer un homme en gris avec une led rouge dans le dos ce qui laisserai penser à la Runlight Kalenji avec laquelle mon ami Arnaud a pris le départ.

Qui que ce soit, je vais continuer ce run à mon allure et laisser le destin faire les choses. Si je dois la rattraper, ça se fera tout seul mais hors de question que j’augmente l’intensité pour aller le chercher ! Je tomberai à mon tour dans le piège que je viens d’expliquer et je le payerai dans tous les cas.

Vous trouverez d’ailleurs l’analyse plus chiffrée de ma course sur Strava.

Copie d'écran Strava2.4 La récupération passive

Au 14ème km, les jambes commencent à être un peu lourde. Sans eau ni nourriture, je sais que mon corps va commencer à piocher dans mes réserves. En effet selon ma petite expérience, je m’hydrate et m’alimente à partir de 20km seulement. Ne m’étant par arrêté aux ravitaillements, il est donc normal que mon corps montre quelques signes de fatigue.

Je me met alors en mode “récupération passive”. Je n’ai pas trouvé d’autres mots pour décrire cette phase ou on arrive à se reposer tout en courant sans forcément avoir a ralentir fortement la cadence. Les amateurs de longues distances me comprendront surement.

Pour ma part, j’augmente un peu la cadence de pas faisant ainsi de plus petites foulées. Je ralentit également ma vitesse (même si on l’a rattrape en étant plus véloce). Résultat : mon cardio diminue de quelques battements seulement (2 ou 3 suffisent) me permettant ainsi de récupérer. La gestion du souffle est également différente en étant plus actif dans l’expiration. La tête quand a elle se recentre sur l’essentiel (mettre un pas devant l’autre et oxygéner ses muscles), on approche ainsi une logique méditative.

Le corps reprend alors de l’énergie et je passe à ce stade dans un “mode” différent. Cela tombe bien, je commence à rattraper les derniers coureurs du 10km (démarré 30min avant nous) et effervescence qu’ils dégagent m’annonce le retour au village. La fin n’est plus très loin. Je double d’une facilité de nombreux coureurs trainant la pâte ce qui nourrit incontestablement mon égo et me donne ainsi un petit plus d’énergie.

Mis bout à bout, ces petites choses me rapproche d’Arnaud que je vois sillonner également entre les coureurs du 10km !! Je n’accélère toujours pas et reste dans ma course me disant que ça serait déjà super de finir juste derrière lui.

Je me concentre sur le présent ne laissant pas toutes cette magie faire divaguer mon esprit. Ce serait tellement facile de croire que tout est gagné et déjà terminé.

Avec Pascal mon voisin

Avec Pascal mon voisin

 

2.5 En mode animal.

Mes Kiprace Kalenji

Mes Kiprace Kalenji après la course

Nous sommes alors au 20ème km et le terrain est facile, j’allonge la foulée sans risque de me blesser, j’ai dans un coin de ma tête qu’Arnaud est un coureur rapide (35min au 10km) mais j’essaie de ne pas me laisser concentrer, il n’est plus qu’à 30m.

Les lumière du village m’annonce la fin de course hors le speaker avait annoncé un mur juste avant l’arrivée. Je sais que j’en ai sous le pied et que je peux largement avaler le mur annoncé tant l’arrivée semble proche.

Arnaud n’est plus qu’à 10m et je ne veux surtout pas arriver trop vite sur lui pour ne pas l’éveiller sur ma présence. L’avantage sur des trails nocturnes c’est que la frontale éblouis et il est donc difficile de reconnaitre une personne lorsqu’on se retourne et en général à ce stade…. on ne se retourne pas !!

Le mur n’est plus qu’à 50m, un pont de bois permet de traverser la rivière qui coule en contre bas. Arnaud marche sur le pont (chose que je ne comprend pas sur le moment). Je ne réfléchis pas, je prend une impulsion forte au pied de la bosse, pose les mains au sol et me met en mode animal. Je lui passe devant et il me glisse avec beaucoup de philosophie “ce n’est pas les trails de Hussigny ici” en ventant les difficultés des terres Belges je pense. Je sais que sur un mur comme celui ci, la pente ne nous permettra pas de creuser un écart.

Arrivé en haut les jambes brulantes, je sais que c’est à ce moment que mon esprit de compétition peut se manifester. Il trouve le moyen de me faire bondir jusqu’à l’arrivée a prêt de 18 km/heure.

Je termine alors à la 9ème place, 15 sec devant mon cher Arnaud !!

Sur la ligne d'arrivée

Sur la ligne d’arrivée

 

 

 

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