Vendre ses mouches sur Internet, le parcours de Mathieu ROMAIN (Masterflies).


La confection de ses propres mouches est un sujet important dans la pêche à la mouche. J’ai d’ailleurs fait un sondage intéressant à ce sujet et ce, dans plusieurs articles de ce blog (vous pouvez d’ailleurs continuer d’y répondre ci dessous) :

Comme on peut le constater, environ 50% des pêcheurs montent eux-même l’intégralité de leurs mouches. L’autre moitié avoue acheter leurs mouche de pêche (ou une partie) dans le commerce ou sur des sites comme ici sur pêcheur.com.

J’ai donc décidé dans cet article de m’intéresser au marché du montage de mouche. Pour cela j’ai choisis d’inviter Mathieu Romain car il est le jeune entrepreneur qui a relevé ce défis de gagner sa vie avec ses propres montages de mouche.

Mon blog étant destiné essentiellement à la jeune génération désirant apprendre et/ou progresser, j’imagine que beaucoup de jeunes moucheurs ont pensé, pensent ou penseront un jour à vendre par le biais d’Internet leurs propres créations de mouches au moins pour arrondir les fins de mois. Le but n’est pas non plus de susciter des vocations pour créer ta propre concurrence mais bien de répondre aux questions que l’on peut se poser à ce sujet.


1- Présentation d’un monteur :

Peux tu te présenter à nos lecteurs ?

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Merci Benjamin de me faire une petite place sur ton blog !  Je suis originaire d’Alsace,  de Colmar très exactement, où j’ai passé mon enfance jusqu’à la fin du lycée. J’ai ensuite du quitter ma région pour poursuivre mes études, mais le choix d’une destination n’a pas été très compliqué. Naturaliste dans l’âme, je souhaitais me former dans ce domaine précis et miracle du hasard, un établissement proposait une formation idéale dans… le Jura !

C’est dans ce département magique pour un moucheur comme moi, que j’ai alors passé deux années merveilleuses, puisque j’y ai rencontré non seulement la femme de ma vie, mais aussi des rivières parmi les plus belles qu’il m’avait été donné de pêcher. Comble du tout, j’ai obtenu mon diplôme que j’ai ensuite pu compléter d’une courte formation universitaire.Le retour en Alsace en 2008 m’a éloigné de ces rivières, mais m’a permis de trouver un poste de Technicien rivières au sein d’une fédération de pêche.

Aujourd’hui, j’ai un deuxième métier qui est celui de monteur de mouches et vendeur de matériel de pêche.

Truite-prise-en-nymphe-à-vue-dans-les-vosges

id=”attachment_2522″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”Truite-prise-en-nymphe-à-vue-dans-les-vosges”

 

Qu’elles rivières pêches-tu et depuis combien d’années ? (différentes rivières que tu as péchés depuis ton plus jeune âge) ?

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Je suis pêcheur depuis mes plus lointains souvenirs. La pêche est une institution dans ma famille et j’imagine que mon père me conduisait déjà au bord des cours d’eau alors même que je ne savais pas encore marcher.
D’abord au toc et à la surprise, puis à la cuillère, j’ai eu la chance de faire mes armes sur la Fecht, un petit cours d’eau haut-rhinois. C’est d’ailleurs sur cette rivière que j’ai lancé mes premières mouches, quelques années avant 2000, avec quelques fois par an, des petits séjours dans le Doubs.

Puis en 2003 j’ai rencontré Jérome Valroff, qui est devenu mon maitre dans la pêche à la mouche, mais aussi mon meilleur ami. Il m’a fait découvrir les rivières vosgiennes comme la Vologne ou la Moselle mais surtout, nous avons arpenté ensemble un sacré linéaire de rives aussi bien en France que dans le reste de l’Europe (Europe de l’Est, Balkans, etc.)

Jérome-Valroff-sur-la-Bienne-à-la-grande-époque

id=”attachment_2513″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”Jérome-Valroff-sur-la-Bienne-à-la-grande-époque”

J’ai eu la chance de pêcher régulièrement en Franche Comté depuis cette époque, la Loue chez Sanso, à Chenecey Buillon, Ornans, mais aussi le Cusancin, le Doubs à Goumois, l’Ain (haute surtout), la Bienne. Il y a 10 ans ces rivières étaient un véritable paradis sur lesquelles j’ai fait mes plus mémorables parties de pêche. J’ai pêché ces cours d’eau jusqu’en 2010 environ (surtout la Bienne et l’Ain pendant mes études) et ça me crève le cœur de voir ce qu’elles sont devenues. Depuis déjà quelques années on pouvait percevoir une baisse des effectifs, que le substrat se colmatait de plus en plus vite et de plus en plus tôt, mais aujourd’hui…

Actuellement je pêche surtout les cours d’eau alsaciens, la Fecht, la Bruche et quelques petits coins secrets de la plaine d’Alsace, mais le cœur n’est plus le même.

Truite alsacienne

id=”attachment_2521″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”Truite alsacienne”



Comment t’es venue cette passion pour le montage ? Même si tu es encore jeune, racontes nous un peut ton histoire de tes premières mouches au lancement de ton business ? 

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Pour être honnête,  le montage n’a jamais réellement été une passion mordante. Avant tout c’est la pêche qui me motive, et le montage n’est à mon sens qu’une tranche indispensable de la pêche à la mouche. Je ne dis pas par là que je n’aime pas ça, au contraire, mais je ne crois pas être l’un des plus grands passionné de montage de notre pays. Mes premières mouches étaient d’ailleurs plutôt destinées à la galerie des horreurs qu’à une boite à mouche. Je crois d’ailleurs avoir monté des mouches avant même avoir reçu ma première canne à mouche, en prévision. Il faut s’imaginer des boules multicolores en fils de couture (piqué dans la trousse de ma mère !) colmatées autours d’un hameçon N°6. De quoi effrayer une arc en ciel affamée.

A l’époque le magasin Mondial Pêche qui se trouvait près de chez mes parents proposait des soirées montage de mouches, auxquelles j’ai heureusement pu participer quelques fois. La première mouche digne de ce nom, il faut le dire vite, que j’ai réussi à monter, l’a été lors d’une de ces séances. Il s’agissait d’une énorme mouche de mai en latex jaune et hackle de coq qui devait facilement faire vriller une pointe en 16/00. Des débuts laborieux quoi !

J’ai donc tout d’abord pêché avec des mouches achetées, dans ce Mondial Pêche d’ailleurs, comme quoi le côté marketing n’était pas inefficace. Puis à force d’essais, et surtout de plus de 10 ans d’efforts, j’arrive maintenant à monter des mouches qui conviennent à ma façon de pêcher.

Il y a un bouquin génial qui m’a beaucoup aidé dans le montage, surtout pour trouver les proportions des mouches. C’est l’ouvrage de Didier Ducloux « Les Mouches artificielles, le guide complet » publié aux éditions Artémis. Il m’a été indispensable pour connaitre les matériaux existants, les outils, et surtout les types de mouches.

Une grosse truite sur un bras du Rhin

id=”attachment_2515″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”Une grosse truite sur un bras du Rhin”

Et puis il y a le net ! Même si on y trouve tout et n’importe quoi, il permet surtout de découvrir les blogs et sites internet de monteurs hors du commun. Certains sites dévoilent d’ailleurs des milliers de fiches de montage qui permettent aux débutants d’évoluer dans leurs montages. Ca m’a beaucoup aidé.
Aujourd’hui je pense avoir acquis une certaine technique qui me permet de monter des mouches propres, pêchantes et capables de convaincre le maximum de poissons. Je ne suis pas forcément adeptes des mouches réalistes, dont je maitrise d’ailleurs mal le montage, car le but d’une mouche est à mon sens de prendre des poissons. C’est toujours un plaisir de voir se monter une mouche en l’imaginant dériver et se faire avaler !


2- Le business des mouches :

Parles-nous des étapes de la création d’une petite entreprise comme la tienne.

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Durant mes études dans le Jura, j’avais vendu quelques lots de mouches sur Ebay. Ca semblait bien marcher mais je n’avais pas vraiment le temps de monter beaucoup de mouches, entre mes révisions, les cours et les parties de pêche. J’ai très vite laissé tomber.

C’est surtout l’avènement des auto-entreprises qui m’a remis l’idée en tête. C’est vrai que ce service permet de monter sa boite rapidement et sans trop de contraintes. Quelques clics et vous être entrepreneur.

L’idée était aussi de réaliser un site internet sans trop de frais et la seule solution pour ça, c’était de le faire par mes propres moyens. La création de site web est quelque chose qui m’a toujours intéressé. Avant que les blogs ne voient le jour, j’avais déjà un petit site internet pour présenter les rivières du Nord Est et mes parties de pêche. J’avais arrêté ce site il y a déjà quelques années pour diverses raisons, mais j’avais encore quelques restes de programmation. J’ai donc profité de l’été 2011 (celui où il n’a pas arrêté de pleuvoir !) pour créer les quelques pages de mon site www.masterflies.fr

Pour pouvoir le finaliser, c’est-à-dire présenter en photo toutes les mouches que je souhaitais mettre en vente, il fallait … prendre des photos. Pas d’autre solution que de monter une à une chacune des imitations de ma collection. Le mois de juillet 2011 à donc été consacré à ça, montage du site et montage de mouches.  

Je suis légèrement pointilleux avec les photos, puisque c’est vraiment la vitrine pour présenter mes modèles. Aujourd’hui encore je ne suis pas totalement convaincu du résultat. C’est un sujet sur lequel je vais certainement perdre encore quelques longues heures.

Autre phase tout aussi intéressante mais beaucoup plus couteuse, celle de la fourniture !
J’ai passé deux bonnes semaines à contacter une multitude de fournisseurs potentiels, à négocier des prix, à dépenser des sous, ce qui n’est pas forcément évident quand on débute dans le domaine. Puis mon site à donc ouvert en aout 2011 !

Un Ombre des Balkans

id=”attachment_2516″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”Un Ombre des Balkans”

Comment t’organises-tu entre le montage et la gestion des commandes ?

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Comme je l’ai dis au début de l’interview, je suis Technicien Rivières à plein temps. Le montage de mouche est donc une seconde activité que j’organise le soir, les congés, les week end et parfois la nuit. Je reçois les bons de commande par l’intermédiaire d’une plateforme de paiements sécurisés, directement sur ma boite mail. 

J’ai rarement un stock suffisant, donc je monte les mouches à l’unité en fonction des commandes. De toute manière, j’ai une sainte horreur du montage en série que je réserve à la préparation des stocks avant les salons par exemple. Une fois les mouches montées, j’expédie les colis entre 1 et 3 jours après réception du paiement. Je me mets souvent à la place du pêcheur qui rentre d’une super partie de pêche avec un trou dans sa boite à mouches et qui a besoin de nouveau modèles pour retourner pêcher, sachant que les conditions ne seront pas forcément les mêmes s’il attend trop. Je n’aimerai pas avoir à trop attendre non plus.

Le tout est aussi de se trouver un bon bureau de poste sans de trop longues queues d’attente !


Je t’ai vu au salon de pêche à la mouche à Charleroi en Belgique, tu fais partie des très rares monteurs à proposer des mouches made in France à moins d’un euro. D’après toi, pourquoi les moucheurs continuent d’acheter chez les détaillants qui les vendent de deux à quatre fois plus chères ?

En vérité je ne vends mes mouches à 1€ que lors des salons, sur mon site elles sont plus entre 1,1€ et 2€ en fonction des modèles.

Si les gens continuent à acheter des modèles plus chers, c’est peut être pour la notoriété des monteurs qui les commercialisent. Certains ont réussi à se créer une vrai place d’honneur et j’imagine qu’il peut être rassurant d’acheter leurs modèles. Ces tarifs là sont aussi souvent pratiqués dans les magasins de pêche et je peux comprendre que certains moucheurs préfèrent voir et toucher les mouches avant de les acheter, quitte à payer plus cher. C’est aussi le défaut du net, de n’offrir qu’une photographie pour présenter un produit. D’où l’obligation d’être pointilleux sur les photos.

Salon pêche à la mouche à Epinal

id=”attachment_2520″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”Salon pêche à la mouche à Epinal”

Je me suis souvent pausé la question, est-il possible de vendre certaines mouches identiques aux mouches De charrette, aux mouches Devaux,  aux mouches Petit-Jean et compagnie bref copier exactement le modèle voir même le nom ?

Mathieu ROMAIN (Masterflies): C’est sans doute possible, je n’imagine pas qu’un brevet soit possible sur un modèle mouche, mais c’est à vérifier. Cela dit, je trouve que chaque monteur pro à son identité dans le montage et je n’irai pas jusqu’à copier leurs modèles. Le but pour moi est vraiment de proposer les modèles de ma boite personnelle, ceux avec lesquels je pêche régulièrement et que j’ai pu tester et approuver.

Qu’elle est la mouche avec laquelle tu as pris le plus de truites ? Le plus d’ombres ?

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Sans hésitation, c’est l’Emergente CDC grise (EM1). C’est un modèle de base avec lequel je pêche toute l’année. Il suffit de le décliner en diverses tailles, du 14 en début de saison jusqu’à 18 plus tard, pour imiter l’ensemble des éphémères claires de nos cours d’eau.
Pour les nymphes, mon émergente de tricho NT1 est celle en laquelle j’ai le plus confiance. C’est un véritable aimant à truites !


Y a t’il des mouches, que tu ne veux ou peux pas proposer dans ton catalogue ? Si oui pourquoi ?

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Oui bien sûr, pour plusieurs raisons.
Certains modèles sont vraiment trop longs à monter et ça ne serait pas rentable de les proposer, à moins de les chiffrer à 3€, ce que je ne ferai pas. Pareil lorsque les matériaux nécessaires au montage sont vraiment trop couteux, je suis obligé de faire l’impasse sur ces imitations sinon quoi ce n’est plus rentable.
Il y en a aussi certains que j’ai dans ma boite et que je n’arrive pas à monter correctement, du moins que je trouve encore imparfaits. Je ne me vois pas vendre des mouches « d’à peu près ».
Et puis il faut vraiment faire un choix à un moment, j’avais quelques modèles en plus lors de l’ouverture de ma boutique mais je n’arrivais pas à suivre dans les commandes. Ces modèles ont donc du disparaitre de la nouvelle collection.

Par contre je n’ai pas de modèle « spécial top secret » que je me réserve. Je pense qu’un modèle est efficace en certaines situations et au bout de la ligne tenue par un pêcheur. En d’autres mains, en d’autres situations, ce modèle reste à l’égal des autres.

La-Fecht, la-rivière-de-mes-débuts

id=”attachment_2514″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”La-Fecht, la-rivière-de-mes-débuts”

Il existe beaucoup de vendeurs de matériaux de montage de mouche. Lequel conseils tu (objectivement s’il te plait) à mes lecteurs ? Pourquoi ?

Je n’ai pas de vendeurs de matériaux favoris, par contre certaines marques me donnent entière satisfaction. C’est par exemple le cas de UNI, pour les fils de montage, ou encore HARELINE, dans tout ce qui est dubbing ou fibres. Pour les hameçons, MUSTAD et TIEMCO ont vraiment de la bonne qualité. La seule chose que je déplore, c’est le peu de marques françaises dans ce domaine.


3-Le mot de la fin :

Je sais que la réponse à cette dernière question pourrait te rendre prétentieux au regards de certains « vieux » monteurs professionnels mais que penses tu de l’avenir de ce marché sur les 30 prochaines années ? Quels conseils donnerais-tu aux acteurs (jeunes ou anciens) de ce marché du montage ? 

Mathieu ROMAIN (Masterflies): Le marché de la mouche est un micro marché où la concurrence est rude. Je pense sincèrement que le domaine de la mouche est en réelle perte de vitesse et ceci pour deux raisons principales.

La première est que les différents acteurs de ce domaine, pas uniquement les monteurs d’ailleurs, relayés par les médias halieutiques, ont contribué à lui donner ou à pérenniser son image élitiste, une image qui n’est plus du goût de la nouvelle génération je pense. Je crois qu’il faut redonner une nouvelle image à la pêche à la mouche, une image plus dynamique, plus généreuse, plus démocratique. Je prie pour ne plus jamais voir de chapeau à plumes.

La seconde est due à la dégradation de nos écosystèmes salmonicoles. Les truites et les ombres sont les poissons les plus recherchés par les moucheurs et leurs populations sont en danger dans de nombreux endroit de notre pays. A l’heure où certaines rivières meurent, je pense qu’il est du devoir de ceux qui ont profité (de la pêche), qui profitent encore et qui souhaitent que ça dure, de se mobiliser pour faire émerger une prise de conscience dans notre pays (sous entendu, les administrations et tous les français) et que des mesures soient prises en faveur de nos cours d’eau. Ce serait la moindre des choses que de leur rendre ça.

Salon_Epinal_peche-

id=”attachment_2523″ align=”alignleft” width=”600″ caption=”Salon_Epinal_peche-“

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Je suis tout a fait d’accord avec toi sur la dernière question, j’essaie d’ailleurs de changer cette image avec mon blog. En tout cas, merci pour cette interview Mathieu, saches que j’ai de l’admiration pour les jeunes passionnés comme toi qui se lancent dans ce business, car vivre de sa passion tient plus souvent de l’utopie que de la réalité surtout dans ce domaine.

Ton site est vraiment très pro et je te souhaite de pérenniser ton activité. En attendant, je laisse les lecteurs de « pêche et sac à dos » découvrir tes mouches qui valent le détour je pense : www.masterflies.com

Et vous alors, avez-vous déjà pensé à monter et vendre vos propres mouches ? Profitez de cet article pour nous poser vos questions 😉

Rejoignez-vite l'aventure !

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2 Commentaires

  1. jerome

    beau temoignage sur unegrande passion!

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  2. Les prix sont très abordables et le site de qualité.

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